Mes passions, mes photos, mes coups de gueule, mes billets, mes pamphlets, mes nouvelles, ...
Mea culpa. Je viens de me rendre compte d’une chose, c’est que je suis en train de dire des choses que je ne devrais pas.
Tout n’est jamais tout blanc ou tout noir, certes. J’ai le cul entre deux chaises, souvent. Et puis, un jour je dis une chose, le lendemain je dis son contraire.
Le lundi, je veux tout larguer, mettre la clef sous la porte, profiter de l’automne. Et le mardi, je me dis que tout ne va pas si mal, puisque je peux encore manger à ma faim et dormir sous un toit. Je ne sais pour combien de temps encore, mais là n’est pas le problème : aujourd’hui, c’est encore possible.
Je m’élève contre tout, je l’avoue. Je râle, souvent, je crie haut et fort que ce n’est plus possible, que ça finira par péter. Le lendemain, je me dis que je crèverai sans avoir vu de révolution et ça m’emmerde.
Je suis, dans mes discours, un anti-clérical, un anti-militariste, un anti-capitaliste, et quoi d’autre encore... Mais je sais, au fond, qu’une prière ne peut faire de mal à personne, qu’il faut bien que l’industrie des armes tourne encore un peu, et que la révolution ne se fait jamais sans cadavres.
Mon collègue avait raison : j’ai mis du rouge et du noir dans mon blog. Il a raison de me l’avoir fait remarquer, car le noir, c’est la négation de tout, c’est le néant. Et le rouge, c’est violent, c’est la couleur du sang. Mais je me dis aussi, parfois, que le noir, c’est quand même une couleur, et qu’au royaume des aveugles, les borgnes sont rois.
Je me suis remis à lire les journaux. Je n’ai pas choisi le meilleur moment, ils me mettent tous le moral à zéro. La crise, la crise, la crise. Je me bats contre tous ces friqués qui ne savent pas ce que c’est que de faire la queue à la caisse du Lidl le samedi soir.
Mea culpa. Je ne devrais pas m’emballer comme ça. Je suis heureux. Heureux ! J’ai la santé, une bagnole, une mutuelle. Que demander au peuple ? Je vois les autres, qui crèvent dans leur coin, en Afrique, loin là-bas... Et en France aussi, un peu, mais on n’a pas le droit de se plaindre, en France.
On vient de m’ouvrir les yeux. Je passe mon temps à m’insurger contre tout, c’est peut-être de famille. C’est peut-être un gène de trop. Car voilà, je vous l’avoue aujourd’hui, non sans embarras, mais il fallait bien que la vérité sorte un jour ou l’autre, alors mieux vaut maintenant que plus tard. Et il vaut mieux que je vous l’annonce moi-même, sinon vous l’apprendrez par les journaux.
Non, ce n’est pas une connerie, je vous vois venir. Je vous vois déjà dire : Allez, qu’est-ce qu’il va nous raconter, ce con ? Qu’est-ce qu’il va encore nous sortir ? Une vérité, une vraie vérité, réelle, cruelle, qui saute aux yeux. Je n’ai jamais su mentir. De ce jour, je ne pourrai jamais plus en vouloir aux capitalistes : je viens de m’apercevoir que, moi aussi, j’ai un livret A.