Mes passions, mes photos, mes coups de gueule, mes billets, mes pamphlets, mes nouvelles, ...
Dans la vie, il faut être honnête, quoi. Donc j’ai le devoir de revenir sur l’information concernant les soucis de ce jeune de 15 ans qui avait eu le toupet de se révolter contre les réformes Darcos.
Je m’explique. Le Canard Enchaîne écrit que « les fonctionnaires se pointent au lycée Paul Doumer du Perreux pour obtenir des renseignements (...) et sont reçus par la proviseure, au nom de la convention justice-police-éducation nationale ».
Revenons, si vous le voulez bien (et si vous ne le voulez pas, tant pis), sur ce point. Car si certains n’arrêtent pas de taper sur la politique de Sarkozy depuis quelque temps, je me dois de leur rafraîchir un peu la mémoire, moi qui conserve de nombreuses archives qu’il faut bien que je ressorte de temps en temps pour leur faire prendre l’air.
Ainsi, l’histoire commence en 1981 avec une idée qui part d’un certain Charles Hernu, à l’époque ministre de la défense, qui déclare : «Il faut arriver à l’armée préparé, et préparé par l’école, le lycée, l’université »... Et il ajoute qu’ « il faut une symbiose avec l’éducation nationale ». Que les enseignants aillent dans la rue en 2009 pour protester, je suis entièrement d’accord avec eux, mais il ne faudrait pas oublier non plus que c’est sous l’ère Mitterrand que tout a commencé ! Et que c’est lui qui a ouvert la voie.
Hernu et Savary, en septembre 1982, signent un protocole d’accord clair comme de l’eau de roche : « améliorer l’information des jeunes gens et des jeunes filles sur les nécessités de la défense et la finalité du service national » ; « concourir au développement de l’esprit de défense, au-delà de la simple connaissance des événements et activités militaires », etc.
Les moyens pour y parvenir sont simples et variés : il faut mettre en contact les militaires et les élèves, former les enseignants, collaborer avec l’armée dans le domaine des activités physiques et sportives,... On a pu voir, depuis, se dérouler de nombreuses épreuves sportives militaires sur des installations scolaires. On a pu visiter des installations militaires avec les instituteurs. On a assisté à des conférences dans le cadre de ce protocole, dans de nombreux établissements scolaires. Bref, « Engagez-vous », tel était le slogan... Le bourrage de crâne aidant, les sondages finissaient, dans les années 1980 déjà, par signaler que les jeunes recherchaient la sécurité, avec une entrée en force de l’armée et de la gendarmerie dans les projets des collégiens et lycéens. Charles Hernu avait d’ailleurs déclaré que « tous les sondages montrent que les jeunes français sont sensibles à la sécurité de la patrie ». Il y avait bien eu quelques brebis galeuses, qui avaient parfois hué les discours, auxquelles Hernu s’était adressé : « Ce n’est pas quelques cris qui changeront quelque chose à cela ».
Le terrain était si bien préparé... On ne dira pas que j’ai des œillères ; ceci étant, rien ne m’empêchera de hurler quand je vois des flics entrer dans des collèges ou mettre en rang les élèves à la descente des bus pour renifler dans les cartables.
De gauche ou de droite... Poil à l’eau écarlate.