Mes passions, mes photos, mes coups de gueule, mes billets, mes pamphlets, mes nouvelles, ...
Encore une de mes petites histoires personnelles. A dormir debout, quoi.
Moi qui étais plus fourmi que cigale, parce que mes parents m’avaient appris à économiser, à prévoir, toujours, les mauvaises surprises de la vie, voilà que je vais devoir penser à dépenser mes quelques euros dont je ne sais décidément pas quoi faire.
Ah, mes parents doivent se retourner dans leur tombe. Le monde tournerait-il sur la tête ? La Poste m’envoie mon relevé bancaire, sur lequel j’ai la surprise d’y trouver un virement parce qu’elle vient, sans tambour ni trompette, de solder tout bonnement mon LEP. Sans intérêt, évidemment ! Merde, mes intérêts, mes intérêts ! C’est pas que ça fasse gros, mais bon, quand on est un capitaliste comme moi, je calcule.
Aller au resto ? Me payer quelques jours de vacances (pas trop loin quand même) ? Faire un don aux plus déshérités que moi ? Eh oui, je n’avais pas le droit d’avoir un LEP, sûrement. Je suis imposable ! Vous avez vu ça ? Mais c’est pas bien, ça, je demande à être fouetté sur la place publique. Et je demande solennellement à ce que l’impôt sur les grandes fortunes soit ramené à tous les gens qui comme moi ont des LEP ou des livrets A.
Est-ce que, finalement, on ne serait pas arrivé à ce point de non retour, cette limite où les gens en arriveront à se révolter à force de n’avoir plus rien à perdre ? On disait qu’en 68, les gens étaient dans la rue parce qu’ils n’avaient rien à perdre. Alors qu’avec les années, les crédits de la bagnole et des vacances à la neige, tout ça tout ça, ils hésitaient à perdre une journée de grève. Mais peut-être qu’à force, un jour ou l’autre, se rendront-ils à l’évidence : il faut que ça pète, bordel.
Ceci était une note d’humeur assez subversive il faut bien l’avouer, mais je sens qua ça vient, ça vient : la révolution est là. Et je paraphrase mon ami Ferré : « Dans dix mille ans ! »