Mes passions, mes photos, mes coups de gueule, mes billets, mes pamphlets, mes nouvelles, ...
« Est-ce que tu vois, toi aussi, quand tu fermes les yeux, quand tu serres le poing,
Haut vers le ciel, est-ce que tu sens l’odeur délicieuse de la liberté ?
Quand tu craches des soleils, la tête haute, dans le vent, quand tu chantes à tue-tête,
A l’amour qui revient, couronné de lauriers,
Nous sommes des milliers, un fleuve extraordinaire,
Notre force est sublime, elle emportera tout,
Et s’ils essaient encore, ils se frotteront à mille cœurs debout. »
(Bruno Caliciuri – Cali).
Qu’adviendra-t-il après les fêtes ? Que nous réserve 2009 ? La contestation en marche ne s’arrêtera-t-elle pas, le mouvement ne s’essoufflera-t-il pas ? Je n’ai pas eu besoin de consulter madame Irma et madame Soleil réunies.
La fin de l’année 2008 m’a fait penser aux événements de 2005, avec son lot de manifestations et ce couvercle de marmite qui avait failli sauter ! Il y avait là, déjà, un nouveau style de contestation, et en 2005 on se remémorait 1968, même si rien ne pouvait être vraiment comparé. On retrouvait cependant quelques affrontements, des facultés occupées et, toujours, le même détonateur : un mort. Il faut un mort, de tout temps, partout, pour que ça fasse « tilt ».
1968, 2005, 2008... Entre temps, il y en eu d’autres, des manifs, et des morts aussi. En 2005, on retrouvait un Sarkozy, qui n’était pas encore président mais « seulement » ministre de l’Intérieur, mais qui, déjà, donnait des ordres : « Evacuez la Sorbonne ! ». Et l’on retrouvait les lycéens, toujours eux, les lycéens qui sont les premiers à contester l’ordre établi. Après, ça suit ou ça ne suit pas...
Et cet Etat, qui, toujours, tel le roseau de Pascal, plie mais ne rompt pas. Et encore, quand il plie ! En 2005, il n’était pas question pour Villepin de plier ni de se replier. Et ces réformes qui passent, qui repassent, qui trépassent. Décidément, oui, l’histoire est bien un éternel recommencement.
Déjà, il y a trois ans, on parlait d’un refus de la précarité, et aussi d’un symptôme d’un modèle social anémié. Un modèle social en panne. Les incidents de 2005 avaient déjà débouché sur une radicalisation du mouvement contestataire, qui aurait très bien pu mal tourner. Mais le virage a été pris. Comme dans les années 1990, personne ne suivait. Le secteur privé ne suivait pas le secteur public, ou bien l’inverse. Les salariés ne suivaient pas les étudiants. L’impasse ? Oui, certainement, l’impasse. Mais l’impasse est longue.
Peu à peu, le social a pris la place du politique. Avant, on était de droite ou de gauche, ou tout au moins on croyait à quelque chose. La « débandande », si l’on peut se permettre l’expression, est arrivée après les années 1980. Avec un effondrement de la gauche, une montée de l’extrême droite et beaucoup de gens qui ne savaient plus à quel homme politique se vouer. Jusque dans les manifs, la récupération était de plus en plus difficile. De moins en moins syndiqués ou encartés, les contestataires se mobilisent pourtant dans des élans de solidarité qui font plaisir à voir.
On aura toujours beau jeu de nous parler de casseurs, de délinquants et autres racailles, les faits sont là. Avec un gouvernement qui joue un jeu de plus en plus dangereux. En 2008 comme en 2005, les élus ont craint le pire, tous conscients du risque d’extrêmes violences. Comment alors calmer un feu quand veut jouer avec ? Un maire déclarait : « On est assis sur un tas d’explosifs et on est en train de danser dessus. Si le gouvernement ne s’en rend pas compte, c’est grave ; s’il s’en rend compte, c’est pire ».
2009. L’aube pointe son nez. Il est permis de rêver un peu dans la nuit étoilée. Rêver à un peu moins de misère, un peu plus de solidarité, un peu moins d’enfer, un peu plus d’espoir. Oui, rêvons un peu, puisque c’est à peu près tout ce qui nous reste ! Avant que ne s’abattent sur nous la répression, le froid, la faim. Avant que les villes n’explosent, et avant que les campagnes ne crèvent en silence. Bonne année quand même, même si le cœur n’y est plus...
Je vous souhaite ce dont on aura tant besoin en 2009 :
Amour
Santé
Argent
Travail
Résistance