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Outré !

   En l’espace de dix ans, les poursuites pour outrage ont quasiment doublé : de 17000 en 1996 à plus de 30000 en 2007...

 

   Une pétition circule actuellement, qui réclame l’abolition de l’outrage, signé par de nombreux avocats, personnalités, artistes, LDH (ligue des droits de l’Homme)... et CODECO (collectif pour une dépénalisation du délit d’outrage).

 

   « Certains fonctionnaires, notamment les forces de l’ordre, usent et abusent de ce délit » déclare Jean-Jacques Reboux (CODECO). N’oublions pas que toute personne accusée d’outrage risque une peine de 7500 euros d’amende et de 6 mois de prison. Il s’agit d’insultes qui peuvent être adressées aux « dépositaires de l’autorité » (policiers, gendarmes, magistrats, préfets, ministres, enseignants, etc.) Ca fait déjà du monde. «La sévérité de ces peines n’a qu’un but, rappeler la dignité attachée à certaines fonctions et le respect dû à son dépositaire » écrit La Croix (15/4/2009). On ne rigole pas avec ça.

 

   Les injures proférées entre « citoyens ordinaires », elles, ne sont sanctionnées que d’une simple amende de 38 euros. Selon que vous serez... Vous risquez donc plus en écrivant sur un panneau « casse toi pauv’con » à l’adresse d’un président que de dire des grossièretés à votre belle-mère. Concernant Sarko, puisque de c’est de cette affaire qu’il s’agit, on comprend très bien qu’on ne rigole pas avec un homme qui représente... la dignité... le respect... l’Etat... enfin quoi, on touche pas à ça. Faut pas pousser mémé dans les orties comme on dit chez moi ! Pourtant, pourtant, cet homme-là, Sarko, oui, lui-même, n’avait-il pas proféré « casse toi pauv’con » à l’encontre d’un visiteur du salon de l’agriculture ? Deux poids, deux mesures ? Qui a quoi de plus que l’autre ? Lequel chie davantage que l’autre le matin après le petit déjeuner ? C’est vrai, je vous le demande.

 

   Je me souviens du jour où, arrêté au bord d’une route par un motard pas en colère du tout qui me dressait un procès verbal, j’ai eu le toupet, que dis-je, le culot, de lui dire : « Monsieur, vous avez bien vu que si j’ai franchi la ligne blanche, c’était pour éviter cette bagnole... » Oui mais il y a la Loi. Et la Loi, mon brave monsieur... Je lui ai sorti mon : « Vous êtes vache, quand même... » Et lui, faisant un double salto : « Vous avez dit quoi ? » « Moi ? Rien, rien... » Aplati, me suis-je mis. Courbée, l’échine. La Loi, mon brave monsieur...

 

   Vivement la fin de l’outrage, que je me mette enfin à vous déballer ce que j’ai sur le cœur et au bout du clavier. Amis du soir, bonsoir.

 

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