Mes passions, mes photos, mes coups de gueule, mes billets, mes pamphlets, mes nouvelles, ...
Ca va péter, ça va péter ! Je le sens. A moins que... Bon, ne soyons ni optimistes, ni pessimistes, mais réalistes. Je me souviens d’une petite annonce qui disait à peu près ceci : « Homme ayant l’œil droit qui dit merde au gauche cherche femme qui louche pour pouvoir regarder les choses en face ». Analysons la situation.
On râle depuis... fort longtemps. Sauf qu’il faut savoir que l’agitation vient toujours de pays voisins. Et regardez en Grèce, en Italie, en Espagne, où il n’y a pas que quelques énergumènes qui jouent dans la rue avec des cagoules comme on voudrait nous le faire croire, mais des gens désespérément exaspérés qui finissent par se regrouper dans un mouvement de colère généralisée.
Chez nous, on veut aussi nous faire avaler qu’une fois les quelques anarchistes ou gauchistes qui s’amusent sur des voies ferrées seront oubliés, tout rentrera dans l’ordre. Que nenni. J’ai vu l’autre jour, en ville, des vitres brisées, quelques affrontements avec des CRS, des voitures renversées. Je n’avais pas vu ça depuis fort longtemps. Des jeunes, bien sûr, et certainement quelques casseurs, qui profitent de la situation ! Nous en sommes là, puisque aucune ménagère de plus de cinquante ans n’a encore enfourché son balai et que l’agent de police du quartier fait encore la circulation au carrefour. Ajoutons que le prolo du coin n’a pas encore décidé de faire grève lundi, vu que s’il perd une journée de salaire, ça va être encore dur pour honorer l’échéance de la télé et qu’il faudra, soit se priver du match de samedi soir, soit de l’apéro vendredi au bistrot.
Nous ne sommes pas prêts. Et pourtant la marmite commence à bouillir. Si au moins Le Pen avait pu arriver au pouvoir il y a quelques années ! Nous disons-nous. Voulez-vous que je vous dise ? Ca aurait déjà pété. Seulement voilà, c’est la démocratie qui a gagné, et nous sommes en démocratie.
Ouvrirons-nous un jour les yeux ? Et, disant cela, est-ce que je risque une petite incitation à la haine de mon voisin, à la violence, ou quelque autre petit souci du genre? Mais non, voyons, puisque nous sommes en démocratie et que nous sommes libres de penser et de dire ce que nous voulons. Penser, pas pour longtemps ; dire, à condition que de sales oreilles ne traînent pas trop dans le coin ; écrire, faut pas, ça laisse des traces. Je m’égare, je m’égare (SNCF).
Je disais quoi déjà : ah oui, ça va péter. Je le sais parce que je lis dans le marc de café. Dans la lie de vin aussi, ça fait le même effet. Mais pas tout de suite. Peut-être après les fêtes. Après les indigestions de faux foie de canard de chez Lidl et de graisse d’huile de vidange sur la bûche de chez Netto. Pour le moment, on prépare les fêtes.
On a mis moins de lumières au balcon, certes, parce que EDF ne nous fera pas de cadeau. Et les guichetières de la poste ont laissé le sourire aux vestiaires parce que c’est la morosité, et que la morosité, c’est morose. Déjà qu’en temps normal, les guichetières, elles sont aimables comme des portes de prison... Les livrets A se vident, mais vu que 4% de pas grand-chose ne font qu’un chouia de rien du tout, autant en profiter tant qu’on a la santé. Il paraît (si, si, j’ai lu ça dans Le Monde), qu’il faut profiter de la crise pour investir. Alors j’ai acheté DEUX bûches de noël.
Il y a des jours où je voudrais être italien, ou espagnol, ou même grec, tiens.