Mes passions, mes photos, mes coups de gueule, mes billets, mes pamphlets, mes nouvelles, ...
J’exhorte à l’Amour et à la Vérité,
Mais je ne sais pas ce que c’est.
Je me bats contre les OGM, les centrales nucléaires,
Mais je bouffe très mal et respire des saletés.
Je me bats pour le vent, pour le soleil, pour l’air et pour l’eau,
Sans vouloir tomber dans le panneau de tous ces écolos.
Je hais les discours, les remises de médailles, les fanfares,
Je finirais bien par habiter dans une tour d’ivoire, un phare.
Je n’aime pas les guerres, les pays, les drapeaux,
Ni l’or, ni l’argent, ni même les oripeaux.
J’encourage la lutte, la désobéissance, je rêve de révolution,
Mais j’ai peur de lever le petit doigt et de finir en prison.
Je ne crois pas au paradis mais je me bats pour qu’il y ait moins d’enfer.
Je voudrais bien, mais je ne sais pas faire de prières.
Je voudrais bien tout pardonner,
Sauf que je suis un rancunier.
Je voudrais bien ne pas juger,
Ne pas haïr, ne pas pêcher.
Je voudrais bien défendre les taulards, les sans abri, les immigrés, les poivrots,
Mais je ne peux pas tous les porter sur mon dos !
Je me sens plus en sécurité au milieu des centres sociaux
Qu’autour de flics, de curés ou d’inspecteurs des impôts.
J’aurais pu faire un bon gourou, si les gourous n’étaient pas des exploiteurs et des pousse au crime.
J’aurais pu me lancer dans la politique, si la politique n’impliquait pas de s’encarter et de plier.
J’aurais pu faire un bon curé, si les curés n’étaient pas tous mauvais.
J’aurais bien pu être le bon dieu, si la place n’était déjà prise.
J’aurais refait le monde, moi, croyez-moi,
Moi et moi et autour de moi,
Il n’y aurait eu que Gloire, Bonheur, Beauté, Bonté,
J’aurais instauré une dictature
Où le dictateur c’a aurait été moi, comme de bien entendu,
Vous m’auriez adoré, vous seriez prosternés,
Vous m’auriez lavé les pieds,
Auriez fait la cuisine, lavé les sols,
Repassé mes chemises et ciré mes chaussures,
Alors je vous aurais pardonné.
Je ne vous aurais pas jugé,
Je ne vous aurais pas haï.
Je vous aurais défendu.
Mais le monde est ainsi fait,
Devant ma glace je suis défait,
Je lance toujours le bâton pour me faire battre,
J’envoie toujours la balle et il n’y a plus que le miroir
Pour me renvoyer mon image.
Ah, mes pauvres enfants,
Si j’avais été Roi,
Vécu au Moyen Age,
Mais je survis ce millénaire
Cahin caha, comme un vieux mage,
J’aurais bien voulu être un Sage
Mais tout ce monde m’agace
Ca grouille de cons c’est pas ma faute !