Overblog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Mes passions, mes photos, mes coups de gueule, mes billets, mes pamphlets, mes nouvelles, ...

Publicité

Petit truc comme ça.

   Petite parenthèse sur le respect, pour passer cinq minutes avec vous, ça me manquait. Avertissement : ceci est un article qui pourrait heurter la sensibilité des jeunes lecteurs. Pour continuer, faites glisser votre doigt sur la souris et appuyez doucement ; pour  arrêter, donnez un grand coup de pied dans votre ordinateur.

 

 

 

   1918-2008 : 90ème anniversaire de la Première Boucherie Mondiale. Comme tous les anniversaires, il ne faut pas le louper.

 

   Aujourd’hui, nous sommes le 11 septembre 2008, pas le 11 novembre, mais je ne me suis pas trompé de guerre, c’est juste pour changer un peu de ce que vont nous raconter les journaux que je n’ai pas encore ouverts et qui commencent à me bassiner sérieusement. Et si je dis que nous sommes le 11 septembre, je ne suis pas en retard d’une guerre, ne regardez pas votre calendrier, c’est juste parce que mon ordinateur était infecté de virus que je n’ai pas pu me connecter plus tôt. Des spam, des vers, des trojan, la guerre informatique, le terrorisme est parmi nous.

 

 

   Avez-vous déjà remarqué l’étrange atmosphère de silence (un silence de mort)  qui règne autour des monuments aux morts ? Un silence certes propice au recueillement et à la méditation. Je ne suis pas contre les monuments aux morts, au contraire, ça nous fait nous souvenir, ne pas oublier notre Histoire, et puis ça a bien dû donner du travail aux artisans de l’époque. Bon, c’est pas toujours gai, ça manque de couleur, et puis le granit, ça me fait penser aux cimetières et c’est pas bon pour le moral. Dire qu’on aura toute notre mort pour côtoyer le granit, alors pourquoi le supporter toute notre vie sur la place du village ? Signons des pétitions : oui aux monuments aux morts, mais pas sur les places des villages !

 

   Au fait, pourquoi dit-on aux enfants de ne pas aller jouer au ballon autour des monuments aux morts ? Ca mettrait un peu de vie dans tout ça ! Mais non, c’est pour le Respect. Il vaudrait mieux faire le silence ailleurs plutôt que devant les monuments aux morts, non ?

 

   Alors oui, bien sûr, le Respect. Je ne respecte rien, c’est bien connu. Je vais jeter un œil à mon dictionnaire. « Respect : considération que l’on a pour quelqu’un... » Eh bien je considère que je n’ai aucune considération pour les marchands d’armes et pour les hommes politiques qui ont envoyé des hommes au front. Je médite, je médite, sur cette phrase : « La guerre, c’est des hommes qui s’entre-tuent et qui ne se connaissent pas, au profit d’autres hommes qui se connaissent, mais qui ne se massacrent pas ».

 

   Je poursuis la lecture de mon dictionnaire : « Respect des lois ». Les lois sont faites pour être respectées, et bien entendu, pour être détournées. Imaginez un peu le chômage, si tout le monde respectait les lois ! Les flics, les juges, les avocats, les constructeurs de prisons, les garde chiourmes... On n’a vraiment pas besoin de çà en ce moment, dans cette conjoncture, vous savez...

 

   Je continue. « « Respect humain. Crainte du jugement d’autrui ». Eh bien je vais vous dire, je n’ai aucune crainte du jugement humain. J’ai passé l’âge. De toute façon il y a mieux : le Jugement Dernier, là où le bon dieu, s’il est bon et s’il est vraiment dieu, saura reconnaître les siens. Mais là aussi je doute, quand je vois toutes les saloperies que l’Eglise couvre. Mais, me dira t-on, ça, ce n’est pas le bon dieu, c’est la cour, c’est le cirque qu’il y a autour. Ah bon. Je reviens à mes monuments aux morts, sinon je vais encore être hors sujet. L’Eglise, ce sera pour plus tard, vous ne perdez rien pour attendre, sauf le respect que je vous dois.

 

   Terre de sang. Terre de feu. « L’Homme est une belle saloperie » disait Louis Calaferte. Campagnes dévastées, corps gisant dans la boue,  ruines, tripes au soleil, villes rasées, nature massacrée. Alors on en garde des petits bouts, de ci de là, quelques croix de bois, quelques tranchées, quelques murs effondrés, où l’on envoie les cars de touristes comme à Disney Land ou à Port Aventura. Et l’on dit encore : « Ah les salauds, regarde ce qu’ils ont fait ». Parce que les salauds, ce sont les étrangers que vous accueillez aujourd’hui. Ou leurs fils, ou leurs petits fils. Ou peut-être bien même que les salauds, c’est vous. Ben oui : c’est toujours celui qui est en face qui a tort, c’est bien connu. Celui qui était face à vous, de l’autre côté de la tranchée, peut-être n’avait-il lui non plus rien demandé à personne. On lui avait mis un fusil dans les mains et hop, débrouille-toi avec ça. Avant, ils y mettaient même une fleur, au bout.

 

   J’ai le droit ? J’ai pas le droit ? Ai-je le droit de m’insurger, de m’arracher les tripes d’une autre manière, de dire ce que je pense ? Si je vous choque, faut me le dire, hein. Si vous pensez que je n’ai pas le droit, dites-le moi, je prendrai le gauche. J’ai horreur des défilés, des musiques militaires, des galons, des gens qui marchent au pas, et alors ? « Plus jamais ça » dites-vous ! Dire que vous continuez depuis des lustres à vous rassembler avec vos banderoles en prêchant la non violence. Et vous continuez à être complices de ces grandes mascarades, de ces grandes boucheries, en ne levant pas le petit doigt. « Plus jamais ça » inscrivez-vous sur vos pancartes, après les assassinats, les tueries, les bombardements, les massacres. « Plus jamais ça », mais les chiens aboient et la caravane passe...

 

   « Devoir de mémoire » qu’ils nous disent, ces maires, dans leurs discours devant les monuments. Ils font même discourir les enfants, c’est encore plus touchant. Et ils les envoient ensuite, après l’apéro, au combat. Dans des matches de foot où ils vont encore se taper sur la gueule. Eux ou leurs supporters. Ah oui, là je suis encore hors sujet, le sport, c’est –encore- pour une autre fois, excusez-moi.

 

   Demain, la photo dans le journal. Et encore, même les journaux s’en fatiguent, ils ne paraissent les comptes rendus que lorsqu’il y a remise de médaille. Et comme il y a de moins en moins de survivants, on est tranquille de ce côté-là.

 

  « L’homme est une belle saloperie »... Je ne sais plus s’il y a une majuscule à Homme. Donc je vous quitte à regret ; recevez mes respectueuses salutations.

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article