Overblog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Mes passions, mes photos, mes coups de gueule, mes billets, mes pamphlets, mes nouvelles, ...

Publicité

Sur les sectes.

   Ben oui, là aussi, il faut que j'en remette une couche. Ce n'est pas de ma faute, c'est mon quotidien qui en parle aujourd'hui. De temps en temps, comme ça, quand l'actualité est calme. La mission officielle Miviludes a donc rendu son rapport annuel hier. Avec des témoignages, des mises en garde, des rappels.

   Allons-y pour les commissions, les rapports de parlementaires, les documents, les réunions, les reportages et tout le reste. Moi, de mon temps, j'avais déjà soulevé le problème, mis des enquêtes dans les mains d'associations qui avaient trouvé cela "intéressant", balancé des infos chez des journalistes qui me disaient "Putain... putain!" mais ne se mouillaient pas davantage, écrit un livre qui ne trouvait pas d'éditeur,... Bref, voilà: les sectes, je connais.

   J'avais enquêté sur des groupements sectaires. J'avais fait des découvertes étonnantes sur un "gourou" régional. Et j'avais été touché de près par le phénomène puisqu'une amie s'était laissée enrôler. Que fallait-il que je fasse? Avais-je le droit de lancer des accusations? Puis je me posais la question: et si c'était de mon devoir d'alerter, d'informer? Je ne voulais pas fermer les yeux, savoir sans faire savoir, attendre, comme pour les accidents de la circulation, qu'il y ait quinze morts au carrefour pour commencer à se dire: "Faut faire quelque chose"...

   Oui mais voilà: le temps passe. Comme souvent. Arrêtez de faire semblant, de temps en temps, quand vous n'avez rien d'autre à dire. Moi, ici , de temps en temps, pour me (et vous)rafraîchir la mémoire, je vais me faire plaisir: vous parler du problème. Y en a une tartine, mais tant pis, j'y tiens. Un chapitre, juste un.

   « Aujourd’hui, j’ai été chez une psychothérapeute. Je lui ai tout raconté, je croyais que c’était le mieux pour moi, pour tout le monde (…) En parlant, je pleurais, je pleurais tout le temps (…) Elle m’a proposé un entraînement Avatar (…) Je ne sais pas si tu connais, ça vient des Etats-Unis, c’est huit jours de suite, du matin jusqu’au soir (…) Ca donne la compréhension de ce qui se passe dedans, comment tu es, et pourquoi (…) J’ai pris la décision de le faire, cet entraînement (…) C’est vachement cher, vraiment très cher, mais bon, un investissement en moi-même (…) J’en profiterai le reste de ma vie. Je commence dimanche matin 14 novembre et je finis dimanche soir 21 novembre. Peut-être, j’y verrai plus clair après (…)

 

     Les lettres se suivent, toujours à un rythme soutenu. A l’époque, je ne sais pas. Je ne sais rien ! Je doute, toujours, de ces psychothérapeutes, de ces stages, de ces cours hors de prix. Aujourd’hui, avec le recul, je m’en veux ne n’avoir pas su pour intervenir. Aujourd’hui, je sais ce que veut dire le mot Avatar. Pas en 1993. Je me méfie encore plus, depuis, quand j’entends le mot « psychothérapeute » ! Et je sais maintenant que Marianne était en train de se faire enrôler dans une secte. Parce qu’elle était fragilisée, parce qu’on lui avait dit qu’elle allait s’en sortir. Parce qu’elle correspondait alors au profil des personnes qui allaient foncer la tête baissée dans le piège.

 

     16 novembre.  « Ca fait trois jours aujourd’hui que je suis cet entraînement, et je sens que je change (…) Nous formons un groupe de cinq personnes, quatre femmes et un homme, et puis les deux professeurs, deux femmes, dont l’une est la psychothérapeute chez qui j’allais de temps en temps (…) On commence  à neuf heures du matin, jusqu’à six heures et demie. Nous sommes chez elle, dans sa maison (…)

 

     On connaît ça : bourrage de crâne, peu d’heures de sommeil, stages pénibles et harassants. Le tout dans un groupe « bien sympa », où l’on se sent bien. Surveillé, bien sûr, par la psychothérapeute qui a « recruté »…

 

     22 novembre. « Hier, j’ai fini l’entraînement, c’était la dernière journée (…) J’ai beaucoup appris, tu sais (…) C’était intensif, fatigant, mais tellement enrichissant (…) J’ai retrouvé la force de vivre (…) Moi aussi, j’avais aussi beaucoup de réticences contre la thérapie. Mais, après tout, ce n’était pas une thérapie, c’était un cours, un cours que suivent beaucoup de managers aussi (…) »

 

     Marianne change peu à peu. Je lui fais part de mes doutes, mais elle est si heureuse de se trouver mieux… Elle ne veut pas revenir pour l’instant.

 

     29 novembre. « Le stage que j’ai suivi (…) a secoué beaucoup de mes opinions, le regard que j’avais sur les choses et surtout sur moi-même (…) »

 

     6 décembre. « Je n’y vois pas encore tout à fait clair. C’est pour ça aussi que je ne veux pas encore venir maintenant. »

 

     14 décembre. « Le stage m’a fait du bien. J’ai toujours des contacts avec un homme et une femme avec lesquels je l’ai fait (…) On se voit de temps en temps. Hier soir, Lisette et moi sommes allés chez Ger pour manger (..) »

 

     Nouvel engrenage. Hors du stage, les gens continuent à se rencontrer. Ils se verront ensuite proposer de nouvelles lectures. Puis on leur conseillera de suivre d’autres stages, peut-être plus chers encore, mais qui les mèneront à devenir à leur tour des « masters ».

 

     19 décembre. « Je vais m’informer la semaine prochaine pour suivre un entraînement ,un stage, un cours, qui me rendra prof d’Avatar (…) C’est-à-dire que je pourrai donner des stages moi-même. C’est un investissement financier assez fort, mais je trouverai les moyens. Si ça marche, je pourrai commencer un centre de stages, je gagnerai pas mal en travaillant huit à seize jours par mois (…) Parfois, je vais chez Ger, qui a fait le stage avec moi, il m’encourage, j’en ai besoin (…) Il me prête des livres. Je veux t’en recommander un, essaie de le trouver, et lis-le ! Je te donne le titre originel (en anglais) : Antony Robbins, Unlimited power, the new science of personal achievement. Les techniques qu’il emploie ressemblent un peu à ce que j’ai fait pendant le stage (…) »

 

     Dorénavant, Marianne essaiera aussi de me convaincre, mais aussi de convaincre tout son entourage ! Elle est « fatiguée », mais se retrouve dans ce petit noyau d’ « amis »…

 

     23 décembre. « Hier et avant-hier, je suis retournée au stage, j’ai répété deux jours, ensemble, avec les autres (…) »

 

     24 décembre. « Je t’en parlerai davantage (…) Je lis pas mal là-dessus. Parfois, je vais chez Ger. Il me donne beaucoup de supports (…) Cette semaine, on est retourné deux jours pour un nouveau stage (…) On peut toujours y retourner quelques jours, comme on veut (..) »

 

     25 janvier 1994. « Je suis crevée. J’ai donné des cours de sept heures le matin jusqu’à dix heures le soir, sans pause (…) »

 

     On est bien loin du travail facile promis qui rapporte beaucoup ; pour l’instant, il faut travailler dur en payant… Mais on n’a rien sans rien !

 

     31 janvier. « Mercredi, je recommence le stage que j’avais fait (Avatar). Je voulais faire le master course, mais avant de décider, je veux encore suivre ce stage une fois (…)

 

     Cette fois, plus de doute : Marianne a « accroché » chez Avatar et « décroché » de la vie privée. Tout ce qu’on lui propose au sein de la secte est bon. Elle n’hésite même plus à traverser son pays (la Hollande) et la France pour suivre d’autres stages. Février : direction Antibes. Elle me propose, dans un premier temps, d’aller la retrouver là-bas. Après moultes hésitations, je veux bien aller voir de visu ce qui s’y passe… J’ai perdu Marianne, mais je veux savoir ce qu’elle devient !

 

    11 février 1994. « Dis, j’ai réfléchi : on n’aura pas beaucoup de temps pour se voir. Le master course ne finit que dimanche soir, à 20 ou 21 heures. Et il faut que je sois de retour au plus tôt (…) Je ne peux donc pas passer te voir. Si tu venais plutôt me rejoindre à Antibes ? »

 

     « Tu sais, en ce moment, j’ai suivi un stage qui s’appelle Avatar. C’est ma psychothérapeute chez qui j’allais de temps en temps pendant cette période difficile qui m’a conseillé de le faire (…) C’était un cours de huit jours non-stop.  Ca m’a beaucoup changé (…) Ce n’est pas une théorie, c’est un stage d’expérience. Annette, le master, m’avait dit à plusieurs reprises que j’étais très apte à devenir master moi-même (…) Elle m’a conseillé de suivre le master course. ‘Je vais te recommander’, m’a-t-elle dit. Moi, j’avais des doutes, mais je me suis décidée. C’est très cher, je me demandais si j’étais vraiment capable (…) J’irai faire le master course. J’ai appris qu’il y en avait un en France (…) Fin février, j’irai à Antibes, à l’hôtel Pullman, il y a 25 places. »

 

     Fin février 1994. « Me voilà à l’hôtel. Le voyage n’a pas été trop fatigant, mais on m’a volé mon argent cette nuit (…) J’ai pris un taxi pour rejoindre l’hôtel, mais je ne pourrai pas aller visiter Antibes, c’est beaucoup trop loin pour y aller à pied (…) »

 

    

     15 mars. « Me voilà de retour en Hollande. C’était fantastique (…) J’ai appris et compris tant de choses (…) L’ambiance était superbe. C’est génial de travailler avec des gens qui sont tellement eux-mêmes. Pour l’instant, la place que tu prends est plus petite (…) J’ai reçu tant d’impressions, il y a tant de changements dans ma vie (…) Je n’ai plus peur, je me réjouis (…) En avril, je vais assister chez mon master. Fin avril, jusqu’au 8 mai, je serai près d’Amsterdam, pour réviser le master, j’ai envie de faire ça (…) Ce qui se passera après, je ne sais pas. Et je n’ai plus peur de ne pas le savoir (…) Tout se passe tellement vite maintenant (…) »

 

     21 mars. « J’ai la licence de master Avatar. Je dois assister deux fois, je commence le 6 avril. »

 

     31 mars. « Je ne sais plus, je me sens très confuse (…) Je veux enseigner Avatar. C’est le plus beau cadeau qu’on puisse faire à quelqu’un. Je me sens pleine d’énergie, je commence dans quelques jours. Ma mère va suivre le stage aussi, je suis heureuse pour elle (…) »

 

     Le plus beau cadeau ? Ca me fait penser aux Raëliens, qu’on voyait lors d’un reportage télévisé, qui s’exclamaient : « C’est le plus beau jour de ma vie » ! Dans d’autres sectes, idem : chaque occasion de se réunir constitue « le plus beau jour »… La mère de Marianne, on le voit, se laisse tenter. Quant à moi …

 

     « J’ai beaucoup changé (…) J’ai le courage d’envisager la vie et d’en prendre la responsabilité (…) Je ne sais pas encore comment ma vie va se dérouler, je n’éprouve plus la nécessité de le savoir d’avance (…)  J’ai commencé à réaliser ça en octobre (…) Ce que je veux, c’est enseigner Avatar, je suis en paix avec moi-même (…) Se noyer dans ce qu’on ne veut pas prend beaucoup d’énergie et ne sert à rien : emploie cette énergie pour réaliser ce que tu veux vraiment (…) Tu profiterais tellement d’un tel stage (…)

 

     Au départ, les bras ne m’en tombaient même pas. J’avais bien réalisé que quelque chose n’allait pas, mais l’essentiel pour moi était de garder le contact, d’essayer de comprendre, de ne pas juger. Il ne faut jamais juger quelqu’un… 1994, 1995… C’est seulement après la lecture d’un article paru dans Le Canard Enchaîné que je fis un bond : des responsables d’EDF et de la COGEMA s’étaient fait gruger par un gourou du nom de Ron Hubbard, après avoir suivi des stages très onéreux qui s’intitulaient… AVATAR !

 

     Avatar : le mot me disait tout à coup quelque chose… Marianne était tombée dans une secte. A la radio, j’entendais, comme dans un film : Dites-moi qu’elle est partie / Pour un autre que moi / Mais pas à cause de moi… Je téléphonai à l’A.D.F.I. à Paris (Association pour la Défense de la Famille et de l’Individu), où l’on m’expliqua tout. Alors seulement, je repris toutes les lettres reçues afin de tout relire. Evidemment, ça sautait aux yeux ! Encore eût-il fallu SAVOIR.

 

     Avatar. Ou plutôt : méthode Avatar. Appelée aussi Famille Mondiale Avatar ! Née en 1987, sous l’impulsion d’Henry Palmer, un américain qui avait connu quelques soucis à cause de son appartenance à la Scientologie. La méthode Avatar est commercialisée par la société Star Hedge International, classée comme mouvement sectaire dans le rapport parlementaire publié par l’Assemblée Nationale. Avatar compte trois niveaux : avatar, puis master, puis magicien. On l’a vu avec l’exemple cité plus haut, le sujet est très vite invité à devenir master… moyennant finances évidemment. Le master peut alors à son tour enseigner la méthode. Par contre, ne devient pas magicien qui veut : ce niveau, très confidentiel, est supposé permettre l’acquisition de mystérieux pouvoirs… En attendant, on verse un pourcentage de son chiffre d’affaires à la société mère américaine. Avatar serait ainsi une secte spécialisée dans les techniques de développement personnel !

 

       Le temps a passé, a effacé la douleur, nous a éloignés. Comme un deuil qu’on finit par faire d’un être cher. J’avais eu le temps de m’informer. Je savais. Si vous n’êtes pas bien dans votre peau, on vous proposera d’aller consulter un psy. On vous proposera peut-être des « stages »… Payants, bien sûr, et chers ! Mais, si c’est pour aller mieux… Vous rencontrerez des gens « sympas » qui vous écouteront, qui vous donneront la parole, qui vous remonteront le moral et vous démonteront le portefeuilles. On vous fera lire, beaucoup lire. On vous ouvrira des portes et on vous dira que vous valez beaucoup mieux que cela… Vous pourriez même « enseigner » aux autres ! Et vous changerez, et vous irez mieux, et vous inviterez vos amis, vos parents, à des stages. Ca leur profiterait tellement… On vous volera, vous serez sans le sou mais tellement libérés. Ou plutôt vous serez à leur merci, embrigadés, fragilisés encore plus. Vous travaillerez des heures, des jours entiers, on vous videra le cerveau. Vous serez un robot. Vous me direz : un robot dans la vie ou un robot dans une secte…

 

     Et j’apprends quoi, moi ? Que tout ce qu’on me dit sur les sectes se retrouve mot pour mot dans les lettres reçues de Marianne. Je l’ai perdue. Le destin, peut-être… 

     J’enfoncerai  beaucoup de portes ouvertes, je prêcherai dans le désert. Je constaterai des complicités à tous les étages, je verrai des sectes, nombreuses, continuer à « œuvrer » dans l’impunité… Concernant Marianne, j’abdiquerai, en désespoir de cause. Je continuai, un temps, à échanger des courriers, voulant obtenir des réponses aux questions que je lui posais, sans succès. Elle me parlera des O.V.N.I., sachant que je m’intéresse au sujet, mais nous n’étions décidément plus branchés sur la même longueur d’ondes : « Connais-tu le Grand Plan qu’il y a derrière ? » m’écrivait-elle encore. Il est vrai que nous n’étions pas loin de la fin du millénaire, où l’on retrouvait ces peurs de cataclysmes, ces croyances en Nostradamus… 1999 n’était pas loin, « l’an mil neuf cent nonante neuf sept mois, du ciel viendra le grand roi d’effrayeur… » C’était l’époque du New Age, de l’entrée dans l’ère du Verseau… Des comètes allaient atteindre la Terre ! Des vaisseaux extraterrestres s’y cachaient derrière ! Non, décidément, nous n’étions pas branchés sur la même longueur d’ondes…

 

     « 4 décembre 1995. Demain, je pars en Martinique pour deux semaines (…) Je te donne le titre d’un livre remarquable : Bob Frissell, ‘Nothing in the book is true, but it is exaclty how things are’ (...) Après Noël, je te passerai des informations sur le ‘photon beld’ et sur les Siriens (de Sirius).»

 

 

     J’ai retrouvé l’article du Canard. Il date du 10 janvier 1996. « Des adeptes d’un gourou ex-scientologue se sont infiltrés chez les cadres nucléaires d’Edf pour y propager sa méthode Avatar »… On y apprend qu’au moins deux adeptes ont dispensé, à plusieurs dizaines de cadres nucléaires d’EDF, notamment à la centrale de Bugey, des stages Avatar, sous couvert de formation professionnelle, et au tarif fort de dix huit mille francs par personne et par semaine ! D’autres entreprises, Thomson et Esso entre autres, auraient également été touchées au début des années 90. Ces stages consistaient en « un décervelage mené avec les techniques d’entretien et de manipulation inspirés de la Scientologie ». Moyennant 18000  francs, vous participiez à ces « stages » et deveniez « masters »… Tout ceci me disait quelque chose ! « Pas moins de 650 personnes en France sont devenues masters et se sont empressées d’avatariser près de 10000 personnes » poursuivait Le Canard Enchaîné.

 

     J’avais été le témoin impuissant d’un phénomène beaucoup plus important que je me l’imaginais. Démasqués, les masters changèrent alors de nom, et l’Avatar devenait le Resurfacing… Des publicités paraissaient dans des revues comme Psychologies du style : « Deux jours qui peuvent changer votre vie ». Si, si, le magazine "Pyschologies "dont on étale la publicité dans de nombreux quotidiens! Mais comment peut-on se faire piéger ? Comment est-ce possible ? Qu’est-ce donc que le New age ? Un mouvement, pas nouveau comme on le croit, importé des Etats-Unis, teinté à la fois de spiritualité et de mysticisme. Si la formation Avatar coûtait la bagatelle de 18000 francs, on est ensuite poussé à suivre celle du Magicien qui en coûte… 45000 ! Tout ça pour se préparer à entrer dans l’ère du Verseau…  Le Canard Enchaîné posait une dernière question : « Combien y a-t-il de magiciens dans les centrales nucléaires ? » De quoi faire frémir.


Fin de l'épisode.
 

 

 

 

 

 

 

 

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article