Mes passions, mes photos, mes coups de gueule, mes billets, mes pamphlets, mes nouvelles, ...
Sur la troisième guerre mondiale. - Petit, je rêvais et me projetais en l’An 2000. C’était loin, très loin, je serais vieux, puisque j’aurais plus de 30 ans ! Je m’imaginais marcher sur la Terre, au milieu du Chaos. Je ne savais pas si nous étions au lendemain d’une catastrophe nucléaire, d’une guerre « ordinaire », d’un cataclysme naturel, mais le ciel était sombre et rouge, la planète dévastée. Le sol ressemblait à celui de la planète Mars. Il y avait la terre, uniquement, la terre sans végétation, des cailloux, et des barbelés, partout. Le Chaos. Et puis des bâtiments, au loin, dont on ne sait s’il s’agissait d’usines, de bureaux, de monuments, détruits ou intacts. Du béton. Des bâtiments qui penchaient. Des blockhaus. Comme dans les films de guerre, quoi.
Je ne sais pas si la troisième guerre mondiale a débuté. On nous en parle depuis si longtemps. On nous promet des lendemains qui chantent ou qui déchantent, mais la guerre, la vraie, ne vient pas. On entretient bien quelques conflits en Afrique, en Europe de l’est, dans le Tiers Monde, mais ce n’est jamais, finalement, le Grand Crash, le Grand Badaboum. On n’a plus peur du conflit Est-Ouest, alors on nous a parlé d’un conflit Nord-Sud. A la guerre du Golfe, on y a presque tous cru. A celle d’Afghanistan aussi. Mais elle est plus sournoise en fait, cette troisième guerre mondiale, et a du commencé bien avant. C’est une guerre économique, politique, psychologique, plus que militaire. Mais je me trompe peut-être.
Sur mes goûts et mes couleurs. - Je suis moyenâgeux. Comme l’était Brassens ? Je ne sais pas. Lui, disait qu’il traversait toujours dans les passages cloutés de façon à n’avoir jamais rien à faire avec la maréchaussée, tellement il était anarchiste. C’est vous dire. J’aurais plutôt tendance à marcher en dehors des clous, à chercher le bâton pour me faire battre. Peut-être aurais-je dû naître aujourd’hui, dans ce monde aseptisé, chloroformé, dans ce monde de fin de monde – ou de fin d’un monde, où j’aurais été illettré. Incapable de compter et d’écrire, pour faire partie de la Norme. Regardez-les, regardez-les ! Ils ne se révoltent même pas. Ils se complaisent dans leur assistanat, exhibent tous leurs cartes de RMistes, serrent la main du maire ou du député, vont voter. Ils leur baiseront bientôt les pieds, comme au bon vieux temps.
Je suis un éternel révolté. Comme Ferré ? Comme lui, ou comme d’autres. Je n’adore que des inconnus, ou bien des morts. Voyez : Jacques Bertin, Jehan Jonas, Jean-Marc Le Bihan, Colette Magny, Mama Béa, Noir Désir, Jacques Debronckart, et tant d’autres, que personne ne connaît, que personne ne reconnaît. Je n’ai rien contre les autres, simplement je n’ « accroche pas », je n’apprécie pas, je ne comprends pas. Je les laisse chanter. Certains ont certainement un quelconque talent pour durer ! D’autres sont des stars du moment, des stars qui passent, qui repassent et qui trépassent. Des étoiles filantes. Ephémères. A peine nées et déjà mortes. Mais vous savez ce qu’on dit en philo : « Dès qu’un homme naît, il est assez vieux pour mourir »...
Le paradis… Je ne sais pas s’il existe, j’ai peur de me battre pour rien, de prêcher dans le désert, de pisser dans un violon ; mais je pourrai dire, à l’instar de je ne sais même plus qui : « Si au moins je pouvais faire qu’il y ait moins d’enfer, alors je n’aurai pas lutté pour rien ». Image que je reprends donc à mon compte. J’aime beaucoup reprendre certaines citations à mon compte. Et arrêtez de dire que c’est du plagiat, car Pierre Dac disait : « Copier un auteur, c’est du plagiat ; mais en copier plusieurs, c’est de la recherche » !
A l’âge où j’aurais dû être gai, vers mes 15, 16 ou 17 ans, souriant, insouciant, j’étais déjà grave, anxieux, puis ça ne s’est pas arrangé avec l’âge. J’étais con, le suis resté, le suis de plus en plus. De « petit con », je suis devenu « vieux con ». Mais je sais qu’il y en a de plus cons que moi, alors ça me rassure. La connerie, ça se mesure comment, en mètres ou en centimètres ?
J’écrivais des « Pensées ». Elles étaient loin d’égaler celles de Pascal, mais je me réjouissais, parfois, quand je lisais les conneries des autres. Je lisais « Le Monde » pour faire snob, « Libé » pour faire dans le vent, le « Midi Libre » pour la rubrique locale et les avis de décès, mais finalement je préférais quand même Charlie-Hebdo pour les idées, les dessins, les coups de gueule.
J’avais tâté du journalisme dans ma prime jeunesse avant d’abandonner, après une période de naïveté où l’on croit toujours que tout peut être dit ou écrit, mais l’investigation me démangeait toujours. Alors des collègues venaient me chercher quand il se passait quelque chose quelque part : un faits divers, une découverte de fûts toxiques, que sais-je encore. Ca me démangeait toujours. Pour le plaisir. Le plaisir de savoir et aussi, un petit peu, de faire chier le monde. Je réservais alors mes petits papiers de chiens écrasés pour les rubriques des chiens écrasés de mon grand quotidien d’information du midi, et prenais mon pied avec des enquêtes d’investigation qui ne paraissaient jamais, évidemment.
Et le temps passait. Mes bouquins ne paraissaient pas, mes éditeurs n’avaient « pas le lectorat », qu’ils disaient. Qu’ils aillent se faire foutre, les éditeurs ! Au diable les éditeurs, au diable la honte, au diable la timidité, au diable la vie de merde que nous menons, au diable les bonnes manières, j’ai envie d’écrire ce que je veux, comme je veux, où je veux et quand je veux, avant de crever comme un con.
« Ah, vos enquêtes, intéressant ! » qu’ils disaient, mes éditeurs. « Mais c’est pas très vendeur. Essayez-vous à des recettes de cuisine ou à de l’histoire locale, et je suis preneur ». Les OVNI, l’environnement, le nucléaire, les sectes… Pas touche ! Les cons. Je n’ai jamais cru en rien ni en personne. Mais au moins je le sais, même si ça me rend malheureux. Snif.
Sur le phénomène sectaire. - La terre est foutue, pour revenir à nos moutons, écrivais-je un jour plus haut (beaucoup plus haut, il vous faut remonter au commencement du monde, au début de ce blog). Alors sont arrivés les gourous, de tous poils et de toutes nationalités, vous savez, ceux qui vous prédisent la fin du monde mais qui s’occupent plus de l’état de votre porte feuilles que de l’état de votre mental. Mais il y a longtemps, déjà, qu’on nous prédit la fin du monde, regardez dans la Bible (que j’ai lue, diantre) : « Et il y aura des éclairs, et il y aura des tonnerres, et le feu descendra du ciel... » qu’ils disaient, Saint-Machin, Saint-Chose, et Saint-Glinglin. Ca, ça faisait rire ou sourire (pas tout le monde, mais bon). S’y sont greffés les gourous, les nouveaux gourous, quoi.
« Gare aux gourous ! » avais-je écrit dans des articles. Car certains attendent la fin du monde… depuis des lustres, ce qui ne les empêche pas, épisodiquement, de commettre les pires désastres ! En 1997, lors du passage de la comète Hale Bopp, on entendit des gens proclamer haut et fort que sous l’objet céleste se dissimulait… un vaisseau spatial. Des adeptes d’une secte absorbaient un poison mortel pour le rejoindre… Les dingues. Mais je les plains.
La fin du monde, tant de fois annoncée, ne se produisait jamais. Mais à chaque « prédiction », on s’attendait au pire. La presse nous a longtemps parlé de suicides (réussis ou manqués) d’adeptes qui croyaient la fin du monde arrivée, mais nous ne connaissons que ce qu’elle a bien voulu nous relater : il y a tant de cas ! Le discours, lui, était à peu près partout le même : « Renoncez à tout ce qui est matériel », autrement dit : « Donnez tout ce que vous avez » !
Hale Bopp passée, il y eut Sirius. Ou avant, qu’importe ; « Connais-tu le Grand Plan qu’il y a derrière ? » m’écrivait Marianne un jour de 1995. La Terre allait –encore- être détruite, seuls les « Elus » seraient sauvés. Le paradis se mérite, il suffit de croire… Le Chaos Destructeur assuré. En 1999, bis repetita : on craignait tous que Nostradamus ne se soit pas trompé :
« L’an mil neuf cent nonante neuf sept mois,
Du ciel viendra le grand roy d’effrayeur,
Ressusciter le grand roy d’angoulmois,
Avant après mars régner par bonheur… »
1999 est passé sans encombres (hormis quelques sueurs froides dues à Paco Rabanne, il nous a bien eu, celui-là). Nous nous sommes perdus dans toutes les dates annoncées par les « contactés avec des extraterrestres » : 1983, 1996, 1999… Qui croire ? Il fallait que nous nous préparions à quitter cette Terre de périls et de catastrophes en tous genres : écologiques, climatiques, nucléaires et autres, pour embarquer dans des « soucoupes », pour le Grand Départ, le Grand Saut, le Grand Transit, le Grand Voyage… Avec des majuscules, toujours, comme à Ordre du Temple Solaire, comme à Grande Loge Blanche, comme à Scientologie, comme à Raëliens, comme à IZO-ZEN, comme à tant d’autres encore… Je n’insiste pas là, d’autres s’y sont essayé mais ont supporté des procès... qu’ils ont perdu, donc : pas touche, pas touche !
On n’insistera jamais assez sur la dangerosité de tels propos, mais on ne peut pas non plus lancer de « chasses aux sorcières » trop facilement. La dangerosité d’une secte n’est-elle pas seulement la partie visible de l’iceberg ? Ne faudrait-il pas se poser la question, plus fondamentale, de savoir pourquoi certains membres l’ont rejointe, même si ce travail est beaucoup plus difficile et délicat ? On connaît tous des associations de « rêveurs », d’ « illuminés », ou de « doux dingues », qui ne font de mal à personne et, après tout, ne faut-il pas rester tolérant envers toutes les croyances ? Alors, bien sûr, il y a la tolérance jusqu’à un certain degré, et puis…la condamnation, la lutte. Il faut condamner tous ces « gourous » qui décervèlent leurs adeptes en leur demandant de se munir de fusils en prévision du prochain débarquement des extraterrestres. Si certains délirent tellement qu’ils finissent eux-mêmes par être convaincus des messages qu’ils délivrent, d’autres savent très bien que tout n’est que du cinéma, et que, ma foi, « tant que ça rapporte… », comme disait un « guide spirituel » très connu. Mais restons démocrates, ma foi, en affirmant : « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dîtes, mais je me battrai pour que vous puissiez le dire »… Et n’entretenons pas une véritable psychose, car si le phénomène sectaire existe, et si chacun d’entre nous l’a rencontré, peu s’y sont laissé prendre ! Mais puisque l’occasion m’est donnée, de dénoncer toutes ces dérives, j’en profite un petit peu, car il ne faut jamais oublier une chose : des sectes comme l’Ordre du Temple Solaire n’étaient au départ que de vulgaires groupes « new age ». Autre exemple : Raël n’était qu’à la tête d’une petite association loi 1901 intitulée « Mouvement pour l’accueil des extraterrestres ». On voit où cela peut mener…
C’est sur ces belles lignes que je m’aperçois que j’ai rempli mon devoir journalier. Je vais donc vous laisser trembler et vous souhaite de passer une agréable journée. Il y aura des nuages et de la pluie à l’est, à l’ouest, au nord et au sud ; il fera beau partout ailleurs.