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« Ca pue ! », un cri du cœur qui se transforme en cri d’alarme à Saint-André-de-Sangonis et dans les environs où, depuis quelque temps, des habitants excédés par les odeurs pestilentielles des bassins de décantation de la distillerie implantés au lieu-dit « Péchaures », route de Lagamas, se regroupent pour se faire entendre…
Les riverains ferment leurs fenêtres et restent calfeutrés chez eux. C’est la direction des vents qui commande aujourd’hui les loisirs, le jardinage, ou les apéritifs en famille ! Si le problème, en fait, n’est pas nouveau au village, il et à noter une aggravation des odeurs depuis quelques mois. A Saint-André, Jonquières, Montpeyroux, Gignac, Lagamas, on entend la même chose : « Ca donne envie de vomir »… Les odeurs sont en effet devenues « plus fortes, gênantes, fréquentes, irritantes, persistantes, et écoeurantes ». Rien que ça…
Les bassins de décantation avaient été prévus pour recueillir les eaux de distillation, mais on y stockerait maintenant des lies et autres boues, ce qui aurait pour effet d’accentuer le problème qu’on connaît ici depuis longtemps. Ainsi, les odeurs issues des bassins implantés à un kilomètre du village, si elles étaient dans la limite du supportable, sont devenues irrespirables. Si l’on nous affirme qu’elles sont sans danger sur la santé, elles restent les témoins d’un rejet dans l’air de gaz et de molécules toxiques et sont de véritables nuisances pour les riverains et les gens de passage.
Jusqu’à ces derniers temps, chacun « rouspétait » dans son coin. Puis certains se sont adressés à la DRIRE, d’autres à la DDASS. Une lettre adressée à la direction de la distillerie est restée à ce jour sans réponse… Une pétition circule actuellement dans le village et au-delà. « Tant que ça gênait dix personnes, nous ne pouvions que râler », nous raconte un habitant, « mais maintenant que les gens dans le village ne peuvent plus dormir les fenêtres ouvertes, ils commencent à prendre le problème au sérieux ! » Un autre nous confie : « Pour l’instant, on en reste là. Si nous n’obtenons pas de réponses claires, nous envisagerons alors de nous rassembler pour créer une association afin de nous concerter, de nous informer, de nous défendre (…) Il faut nous regrouper, ne plus agir individuellement (…) Que les choses soient claires : notre but n’est pas d’empêcher la distillerie de poursuivre ses activités, nous voulons simplement que toutes les normes soient respectées, qu’elle trouve des solutions aux problèmes que nous rencontrons. Nous voulons trouver des interlocuteurs, nous mettre autour d’une table et regarder les problèmes en face ».
Pour l’heure, les langues se délient. « On s’est fichu de nous » lance un habitant de la commune. « Quand les bassins ont été construits, on a entendu de la bouche même du secrétaire d’Etat à l’environnement de l’époque que l’eau y serait de bonne qualité ! » Il y a quelques mois, l’accident d’un 4x4 contre l’un des bassins aurait entraîné des infiltrations et une pollution… Idem lors de récentes pluies, où des débordements ont été constatés sur des bassins. Enfin, dernièrement, un propriétaire est allé déposer une plainte à la gendarmerie, les feuilles de sa vigne ayant été brûlées à cause d’une aspersion de produits issus des bassins. Dans le département voisin de l’Aude, on apprend par l’association Robin des Bois qu’il y a exactement le même problème de pollutions olfactives… Des associations sont contactées, des demandes d’information affluent, une mobilisation naît. Les habitants de Saint-André et de ses environs n’espèrent qu’une chose : être enfin entendus et recevoir des réponses précises. Une affaire à suivre…
A ce jour, le problème n'est toujours pas réglé.