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Mes passions, mes photos, mes coups de gueule, mes billets, mes pamphlets, mes nouvelles, ...

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élections, pièges à c...

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Ca naît, ça vit, ça crève

Mouton, mouton

Ca gueule, ça bouffe, ça crie, ça pleure

Mouton, mouton

Ca manifeste, ça distribue des tracts, ça colle des affiches

Mouton, mouton

Ca connaît la délation, ça flique, ça flingue

Mouton, mouton

Et en haut lieu, ça rigole doucement

Ca mange à la même table

Ca décide pour vous

Mouton, mouton, mouton, mouton…

 

   Pour coller à l’actualité (puisque, ne l’oublions pas, ce blog est généraliste et classé, je crois, dans « Actualité »), il me faut parler politique en ce jour d’élections. C’est incontournable, c’est un passage obligé. Fichtre, diantre, parbleu.

 

   Y’en a qui appellent ça la « dictature démocratique », alors que moi j’appelle ça la « démocratie dictatoriale ». Ouais, c’est vrai, on nous le rabâche depuis longtemps, on est bien en France, on est mieux qu’en Erythrée, qu’en Ouganda, qu’en Irak ! Mais ne trouvez-vous pas qu’on n’avance plus depuis quelque temps, qu’on aurait tendance à reculer même un petit peu ? Juste d’un chouia, quoi. Bon, c’est vrai, une fois qu’on a obtenu tous ces acquis, c’est dur de revenir à la rigueur. Les 35 heures, les RTT, tout ça, tout ça. Moi, je ne sais pas, honnêtement. Je travaille pour de moins en moins d’argent, pour de plus en plus d’impôts ; chaque fois que je passe à la caisse des magasins je relis ma note parce que je crois qu’il y a une erreur ; ma banque me ponctionne de plus en plus ; je fais des bonds quand je reçois ma facture d’électricité, de téléphone, de fuel domestique, de mutuelle, ... Oui, je mange encore à ma faim, alors je n’ai pas le droit de me plaindre, puisqu’il faut penser à tous ceux qui n’ont plus rien, même si parfois je pense que je prends aussi le même chemin qu’eux... Parce que, il y aura toujours Ceux qui sont en haut, et Ceux qui sont en bas, et moi, je suis en bas, comme vous, parce que nous sommes nombreux en bas de l’échelle. A râler 365 jours par an (sauf les années bissextiles). Et a nous dire : « Bah, tant qu’on a la santé ! ». Oui mais même la santé, on n’en a plus pour très longtemps. On crie, parfois, notre rage, mais on sait bien qu’on pisse dans un violon. Et je pense à ce proverbe anarchiste :

 

« En dictature, c’est : Ferme ta gueule ! 

Alors qu’en démocratie, c’est : Cause toujours ! »  

On rage souvent contre les hommes politiques. Or, comment se fait-il que tout le monde est d’accord pour dire qu’ils sont tous pourris, mais que ces mêmes hommes politiques récoltent encore à chaque élection 80% des voix ? On refait le monde sur la place, à leur place. Mais il suffit que l’un d’entre eux s’approche pour nous serrer la main -on appelle ça, chez nous, du « toca maneta », - ce qui n’est pas du gitan mais du patois ! -, et l’on va se presser à la mairie pour mettre notre bulletin dans l’urne. Mais non, mais non, ils ne sont pas tous mauvais, forcément. Il y a les méchants et les bons. Il y ceux qui sont moins pourris que les autres. Pourris quand même, mais moins salauds. Ceux qui nous promettent un avenir bien meilleur, ceux qui ne nous promettent rien, ceux qui nous font rêver, ceux qui paraissent francs, ceux qui paraissent honnêtes, ceux qui sont mieux habillés que les autres, ceux qui ont une belle gueule, ceux qui disent tout haut ce que d’autres ne pensent même pas, … Nous sommes aveuglés, et aveugles, en périodes d’élections. Après, ma foi, quand ils sont en place, tant pis si les promesses n’ont pas été tenues. Mais ils s’en foutent, parce qu’ils savent que nous avons la mémoire courte. Et qu’ils sauront nous reconquérir, au moment voulu.

 

   Le droit de vote, laissez-moi rire ! Votez ! Votez ! Il en restera toujours quelque chose. On élit et on est fier. On nous le dit, on nous le redit : voter, ce n’est pas seulement un droit, c’est aussi un devoir. Et les anciens se sont battus pour ça ! Ah, ils ont bonne figure, les anciens. Et on élit. On élit des élites. Définition du dictionnaire : « Ensemble formé par les meilleurs éléments d’une communauté ». Evidemment, ce sont les meilleurs. Et puis il en faut bien, des meilleurs ! Les élites sont les « membres d’une catégorie sociale jouissant d’une position particulièrement élevée ». Pour jouir, ils jouissent ! Comme au temps des rois, à part que nous sommes en démocratie. Et qu’on nous fait croire que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes. Et le pire, c’est que nous y croyons.

 

 

   Mitterrand avait 110 propositions je crois, qu’il n’a pas toutes appliquées. Pauvre François. Pasqua et ses petits copains lui ont succédé, puis Sarkozy. Le « changement dans la continuité », vous savez... Moi, je propose un petit abécédaire. Tiens, il y en a 110 aussi !

 

      Abaisser, accuser, amender, anesthésier, annihiler, arrêter, asphyxier, assister, assommer, assujettir, berner, borner, brimer, cacher, cadrer, censurer, centraliser, charcuter, chloroformer, choisir, classer, commander, comploter, condamner, confisquer, contrôler, criminaliser, décevoir, démoraliser, déporter, déprimer, déshonorer, désinformer, dévitaliser, diviser, diriger, écraser, éliminer, embrigader, emprisonner, endoctriner, enfermer, enregistrer, espionner, exclure, exploiter, ficher, forcer, fusiller, garder à vue, garrotter, gouverner, houspiller, humilier, indigner, inventorier,  juger, licencier,   lier, lobotomiser, maîtriser, manipuler, menacer, museler, militariser, marginaliser, mitrailler, monopoliser, mystifier, niveler, noter, numéroter, opprimer, outrager, parquer, pénaliser, piétiner, posséder, précariser, prêcher, pressurer, prohiber, punir, rançonner, rayer, recenser, réglementer, réprimander, réprimer, rouler, sacrifier, sécuriser, soumettre, subordonner, suicider, surveiller, terroriser, torturer, trahir, trancher, traquer, tromper, tuer, vendre, verbaliser, vexer,  vilipender, violenter, voler… voter.

 

     Je me prends à rêver, parfois, à vivre dans un pays de dictature… où le dictateur, ce serait moi, bien entendu. Sinon, ce n’est plus marrant. Ah, le ménage que je ferais ! Allez, votez pour moi. Et si vous en avez marre de toutes ces salades, pensez que c’était hier l’ouverture de la pêche, dont on pourrait faire un slogan...

 

   Bon, assez causé pour aujourd’hui, je referme le livre de doléances, je me dépêche avant la fermeture des urnes. Faut bien y aller quoi, des fois qu’on remarquerait mon absence, ce serait pas bien vu. On me l’a déjà fait remarquer d’ailleurs, alors plus question pour moi de demander quoi que ce soit. Quand j’étais jeune, j’écoutais Serge Lama (eh oui, j’ai évolué depuis) qui chantait, dans « Les Ballons Rouges » :

 

« Je n’ai rien demandé, je n’ai rien eu,

Mais j’ai fait ce que j’ai voulu ».

 

   Ite missa est.

 

 

 

 

 

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