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Ils étaient venus à pied ou en quatre-quatre (responsables, maires, partenaires, population locale), depuis le col de la Plane, pour inaugurer un chantier de rénovation d’un petit hameau des hauts cantons du département de l’Hérault : Caïssenols. Deux associations, Caïssenols et Concordia, entourés d’une quinzaine de volontaires internationaux âgés de 18 à 27 ans, s’étaient mobilisé durant trois semaines en ce mois d’août pour reconstruire le toit d’un refuge ainsi que le pont d’accès au hameau.
Accessible après vingt minutes de marche au point le plus proche de la départementale 180 dans cette région du Caroux, Caïssenols se situe sur la commune de Rosis, une « grande commune de France », non pas en nombre d’habitants – 260 au dernier recensement ! - mais en superficie : 5300 hectares, partagés sur 24 hameaux ; ce qui doit faire du zéro virgule zéro quelque chose au kilomètre carré…
Il s’agissait là du « chantier magique de l’été » comme le soulignait l’association Concordia sur son site Internet. En plein cœur du Parc Naturel Régional du Haut Languedoc, le hameau de Caïssenols ne possède pas d’eau potable, pas d’électricité, pas de réseau de téléphone fixe ni portable, … et «pas de bus» ajoute une plaquette de présentation. Forcément… Le coin est connu de beaucoup de monde. Ce petit hameau de pierres, ruiniforme, au milieu d’une belle forêt en bordure d’un ruisseau, si minuscule sur la carte, est pourtant bien connu des randonneurs et de plusieurs agences de voyages qui y organisent des séjours. « Dire qu’il y a des gens qui habitent la région et qui ne sont jamais monté ici », soupire un autochtone. Il est tellement vrai que les merveilles qui sont à côté sont parfois méconnues ! La question arrive et revient : de quoi pouvaient bien vivre les habitants de ce hameau depuis plus de trois siècles ? De la châtaigne, de quelques moutons ?
Les gros travaux de maçonnerie y ont démarré. Il s’agit tout d’abord de restaurer l’arche du pont d’accès au hameau qui abrite un gîte, puis de reconstruire le toit de ce refuge. Le tout sous la houlette de « Concordia » et de « Caïssenols ». La première association, qui existe depuis 1950, est dotée d’équipes permanentes réparties sur tout le territoire national. Ces équipes ont en charge le montage et le suivi des projets, le recrutement des animateurs, le développement de partenariats régionaux, la mise en place et le suivi des chantiers, ainsi que le développement de la vie associative. Concordia entreprend des chantiers non seulement en France, mais dans tous les pays du monde. La seconde, Caïssenols, a été fondée en novembre 2005 et est basée à Pézenas (7, impasse Canabassière, 34120 Pézenas, tél. 08.75.31.63.11 ou caissenols@voila.fr). Elle explique que le site de Caïssenols est une propriété de l’Etat et qu’il est géré par l’Office National des Forêts à qui l’association loue les lieux contre travaux depuis le printemps 2006. Ses buts : réaménager le village et, surtout, le réhabiliter. Car Caïssenols a longtemps eu une mauvaise réputation, celle d’accueillir des jeunes en galère ou des fumeurs de cannabis.
Les associations poursuivent un autre but, car « au-delà de l’intérêt patrimonial et environnemental, il s’agit de contribuer à une œuvre collective, démarche qui permet de rapprocher les cultures et les gens ». Le souci de réhabilitation servira non seulement les randonneurs mais aussi les chasseurs. A terme, ce chantier devrait permettre, par l’organisation de séjours, de camps de vacances, dans un lieu propice et adapté, à l’accès à l’éducation à l’environnement. Il annonce une heureuse collaboration entre les associations Caïssenols, Concordia, et la petite municipalité de Rosis. Pour l’heure, l’association Caïssenols se contente d’une subvention européenne, de fonds d’aide à d’initiative aux jeunes, plus une participation de la mairie de Rosis.
Le refuge nécessite de gros travaux. Il a brûlé en mars 2006 et il ne reste plus grande chose. Le petit groupe de volontaires campe tout à côté. Il y a deux coréennes, un russe, deux tchèques, une italienne, une allemande, une suisse, trois espagnols, « et quand même quelques français » souligne Sébastien, le responsable de l’association Caïssenols. Après une visite des lieux, on assiste au discours de bienvenue de Sébastien suivi de quelques paroles de Jacques Mendès, le maire de Rosis, qui est venu accompagné de la directrice du Parc Régional du haut Languedoc et de représentants de l’Office National des Forêts, et de la Communauté des Communes. L’apéritif est servi avant le départ des visiteurs et le début du chantier par les volontaires internationaux. En l’absence d’échafaudage, il faudra monter les poutres à dos d’homme, et il faudra bien trouver une solution pour aller chercher de l’eau (la rivière est à sec depuis quelques jours).
Quelques-uns ont profité du départ de la « Lada » bricolée et un peu cabossée de l’association pour retrouver le chemin du retour. Mais il faudra finir à pied, la pente étant trop raide. On reviendra se ressourcer à Caïssenols à l’automne, pour voir les mouflons et revoir ce petit coin de paradis. Quand il fera meilleur. Au moment des champignons, quand se fera sentir l’odeur des feuilles mortes et mouillées. Au bout du monde. ■
Espagne, Corée, Tchéquie, Allemagne, France... Une équipe internationale !