Mes passions, mes photos, mes coups de gueule, mes billets, mes pamphlets, mes nouvelles, ...
1983, Aspiran (Hérault). On découvre des produits à base d’arsenic dans une décharge, par dizaines de tonnes. Les propos des élus se veulent rassurants : « les doses d’arsenic sont inférieures à la limite de détection ». Bien ! C’est un conseiller municipal et premier adjoint de Clermont l’Hérault qui le dit et qui n’hésite pas à ajouter : « Il n’existe aucun risque. En résumé, vous pouvez écrire que le problème est résolu, et résolu au mieux ».
1999. La DDASS reconnaît que, dix ans plus tôt, un forage effectué par le conseil général n’a pas été mis en service du fait d’une teneur en arsenic de 120 microgrammes par litre ! (on estime le seuil à ne pas dépasser à… 50 microgrammes). On apprend, toujours pour 1989, qu’on avait relevé 68 microgrammes dans un forage qui alimentait en eau potable le camping des Vailhès… Pour la DDASS, « ces traces d’arsenic paraissent être en relation avec la nature géologique du sol ». Si c’est géologique, c’est donc naturel ? Pourtant, depuis 1992, des associations, s’adressant au préfet de l’Hérault, affirment que « les géologues ont toujours confirmé que la source de contamination par l’arsenic ne peut pas être d’origine naturelle dans le bassin permien de Lodève ».
Avril 2001. Un habitant d’un ancien moulin du Capitoul, non loin de Lodève, voit mourir ses chiens avant de découvrir de nombreuses traces d’arsenic dans sa demeure. Des analyses sont entreprises et des associations contactées. Le rapport du laboratoire indépendant GAMEX-GTA de Valence est alarmant, concluant que « (…) Le site présente un risque polluant majeur (…) qu’il peut gravement altérer la santé des occupants (…) que des produits sont susceptibles de migrer dans l’environnement (…) que la rivière Lergue est atteinte (…) ». S’adressant au préfet de l’Hérault, il ajoute : « Dans ces circonstances exceptionnelles, il est de mon devoir de vous informer de cette situation et de sa gravité ». Robert Lecou, le maire de Lodève s’étonne de cette découverte et déclare : « Je vais vérifier ces informations ». Le sous-préfet déclare à son tour : « Il ne faut pas affoler inutilement la population ». Officiellement, il ne s’agit là que des « résidus d’arsenic », oubliés dans les années 1970 ; en fait de résidus, on en trouvera… 500 tonnes !
Puis on reparle d’arsenic, cette fois à l’entrée même de la ville de Lodève, à l’emplacement d’une cité, où on soupçonne un site très fortement contaminé. « Des rumeurs infondées » selon le directeur des services techniques de la mairie de la ville pour qui cette pollution proviendrait d’hydrocarbures liés à l’exploitation d’une ancienne usine. Très vite, on s’aperçoit qu’il y a, là aussi, plusieurs tonnes de déchets arséniés… Des déchets qui seront enlevés, comme ceux du moulin du Capitoul, et expédiés, par la route, vers une ancienne mine désaffectée de l’Alsace… La mine flambera. Les « nettoyeurs », Metalleurop, feront faillite. Le propriétaire du moulin sera exproprié. On découvrira d’autres sites, notamment à Ceilhes et Rocozels, sous le lac d’Avène…
Août 2001. En pleine période estivale, le lac du Salagou est interdit de baignade. Une semaine après, tout est rentré dans l’ordre, la DDASS confirme que les eaux y sont de bonne qualité.
BRAVES GENS, DORMEZ TRANQUILLES.